Picasso présenté en « Image Totale »
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Picasso présenté en « Image Totale »

Nous connaissons principalement l’image sous un aspect conformiste et strict qui se limite aux espaces et aux volumes : c’est l’image classique ou « écranique » (télévisuelle, d’ordinateur, cinématographique, de simple projection). Toutes ces formes rendent le spectateur passif, tant physiquement qu’intellectuellement.

 

Dans les années 1960, le cinéaste et photographe Albert Plécy, ami des grands Jean Lartigue et Robert Doisneau, lui-même président-fondateur de la célèbre association « Les gens d’Images » eut l’idée d’orienter ses recherches pour parvenir à inventer un procédé de projection révolutionnaire. Examinant les techniques de prise de vue et de projection, Plécy ambitionne d’aboutir à une « vision totale » pour parvenir à noyer le spectateur… Car ce n’est plus lui qui regarde l’image ; c’est désormais l’image qui le regarde et qui l’attire, en lui imposant, dans l’admiration de
« l’Image Totale », de renoncer à ses habitudes de lecture.

 

Tout a réellement commencé en 1975, Albert Plécy ayant finalement retenu le site inexploité́ des gigantesques carrières abandonnées des Baux de Provence pour créer sa « CATHEDRALE D’IMAGES » et y inaugurer deux ans plus tard sa propre création audiovisuelle en « Image Totale ».

 

Ainsi naquit en 1977, au terme de deux années de recherches, de mises au point et d’installation, « l’Image Totale » de Plécy.

 

En cheminant, les spectateurs sont « intégrés dans l’image ». Cette immersion totale dans l’œuvre est renforcée par la diffusion synchronisée d’une bande musicale sonore.

 

Ayant sélectionné les zones, les angles et les tailles de projection d’images, mais aussi déterminé un cheminement pour le spectateur « intégré et immergé » dans « l’Image Totale », Plécy substituait à la  notion de spectateur passif, assis dans un fauteuil et regardant une image sur un écran à celle du spectateur actif, introduit dans un univers d’images dans lequel il évolue à sa guise, en totale liberté. Par le choix de l’emplacement de dizaines de sources de projections visuelles et sonores destinées à projeter des images allant de 50 à 100 m2, voire plus, sur plus de 4000 m2 d’écrans naturels… en jouant sur la répartition des volumes, des arêtes, des angles, des parois et de l’ensemble des surfaces, Albert Plécy réalise une création artistique unique en son genre.

 

Anne Cobb, Gérante de la société CATHEDRALE D’IMAGES

Le Rêve ou Marie Thérèse, 1932, Coll.privée
© Succession Picasso 2019