Annabelle Mauger, créatrice

De la Rue des Rosiers à Rose Bombonne

Jeune adulte, Annabelle Mauger adorait lire. Un jour, elle se rend compte que sa bibliothèque utilise un espace disproportionné à son petit appartement rue des rosiers à Paris. Plus qu’un simple passe-temps, elle décide d’en faire une carrière et commence à étudier l’édition.

À travers le livre, elle se révèle. Elle lit des romans policiers, des bandes dessinées, des contes ou des livres d’art.

Elle porte une attention toute particulière à la créativité issue de la littérature pour enfant, comme Rose Bombonne ou l’œuvre de Claude Ponti. Elle apprend à lire entre les lignes et découvre la force des images.
À ce jour, les livres jouent toujours un rôle très important dans le travail d’Annabelle Mauger.
C’est un outil très puissant qu’elle utilise tous les jours, elle aime couper les pages pour les faire bouger, elle place les images les unes sur les autres pour leur donner vie.

Immergée dans l’image Totale ©

Au début des années 2000, Annabelle Mauger découvre Cathédrale d’Images aux Baux-de-Provence. Cet endroit semble immédiatement familier à Annabelle Mauger et lui rappelle des souvenirs d’enfance. En effet, lorsqu’elle n’était qu’une petite fille, elle passait ses vacances chez ses grands-parents qui possédaient une maison / cinéma.

Elle remplissait ses poches de Dinky Toys et se cachait derrière l’écran de projection.

L’écran blanc géant et les sons émanant du film ont nourri son imagination. Cela explique pourquoi elle a tout de suite aimé Cathédrale d’Images. Ce site historique a été fondé par Albert et Anne Plécy, les grands-parents par alliance d’Annabelle. Cathédrale d’Images est le berceau de la toute première création audiovisuelle en image Totale © et est désormais une institution mondiale admirée pour ses expositions immersives.

Depuis la découverte d’image Totale © et de Cathédrale d’images, Annabelle Mauger est fière de transmettre cet héritage. En tant que directrice artistique indépendante, Annabelle Mauger a parcouru le monde avec l’intention de partager, de réinventer et de développer la grandeur de Cathédrale d’Images et de ses spectacles immersifs.

Une femme forte animée par la passion et la curiosité

Annabelle Mauger a toujours été curieuse. Elle a découvert la sculpture Le penseur parce qu’elle vivait rue Auguste Rodin et elle s’est intéressée au travail de Bernard Buffet parce qu’elle partageait le nom de sa femme. Pour Annabelle Mauger, le monde est un sol fertile rempli d’informations qu’il faut cultiver.
De son intérêt pour le cinéma, à sa passion pour les livres, en passant par son histoire d’amour avec le concept d’image Totale ©, elle a toujours voulu apprendre de nouvelles choses.

En tant que femme dans un monde d’hommes, il est difficile de s’intégrer. Il semble qu’Annabelle Mauger ait dû redoubler d’efforts pour montrer ce qu’elle valait, même si elle pouvait parfois faire le travail deux fois plus vite que les autres. Grâce à son expérience et à sa passion, Annabelle Mauger n’a peur de rien et essaie toujours de réaliser l’impossible. Elle travaille très dur pour créer des expositions qui nous font vivre un rêve éveillé.


Annabelle Mauger et Julien Baron : un duo unique

En 2016, après 11 ans de collaboration, Annabelle Mauger et Julien Baron créent lililillilil (un nom d’entreprise original en référence aux touches de piano), pour créer et promouvoir des expositions immersives uniques. Ensemble, ils développent et diffusent le concept d’image Totale ©.
Ils expliquent qu’ils n’existent pas l’un sans l’autre. Ils forment un duo unique aux compétences et personnalités complémentaires, ce qui est crucial face à tous les défis imposés par les expositions immersives.
En effet, trouver le lieu idéal pour présenter leur travail n’est jamais une tâche facile. En 2017, ils ont eu l’opportunité de présenter Imagine Van Gogh à La Grande Halle de la Villette. Dans ce lieu, l’exposition a pris vie. La hauteur, l’espace, l’obscurité, tout était réuni pour permettre aux images d’émerveiller pleinement le public.
En 2019, le duo a créé une nouvelle exposition immersive, Imagine Picasso qui a ouvert ses portes à Lyon, à La Sucriere.

Ils continuent de travailler ensemble sur de nouvelles créations pour réaliser l’impossible et nous émerveiller avec des expositions immersives uniques.

Julien Baron, créateur

Coup de foudre

Julien Baron a toujours été curieux et touche-à-tout. Il a son premier coup de cœur pour l’audiovisuel en découvrant les caméras et le poste de travail de son grand-père qui était journaliste. Ce fut le point de départ de toutes sortes d’expérimentations autour de l’image, du son et du multimédia.

L’adolescence de Julien Baron a été marquée par des créations « maison », notamment des courts métrages, des animations et des diaporamas, réalisés avec une caméra, un magnétoscope VCR modifié. des animations et des diaporamas, réalisés avec une caméra, un magnétoscope VCR modifié. Débrouillard, il a utilisé le (pauvre) matériel à sa disposition et ses amis comme figurants pour réaliser des films « tournés-montés ».
Il s’intéresse à la théorie, aux termes techniques et développe ses compétences techniques par lui-même.

Un autodidacte modeste

Julien Baron a étudié les mathématiques, l’ingénierie robotique, s’est intéressé à la conception de sites Web et a obtenu un diplôme en cinéma. Il est devenu un projectionniste avec beaucoup d’expériences, une grande curiosité et plus d’une corde à son arc.

Tout en travaillant à Montpellier, il co-crée l’événement « La nuit du cinéma amateur », une occasion unique pour les amateurs et les cinéphiles de montrer et voir leur travail dans une salle de cinéma. Fictions, documentaires, tous les genres sont représentés. Pour l’occasion, Julien Baron projette anonymement l’une de ses créations pour connaitre l’avis objectif de ses coéquipiers. Ce fut un grand succès et une autre preuve de son talent et de sa modestie.

Une expertise audiovisuelle au service de l’art

Julien Baron a utilisé ses connaissances dans le domaine audiovisuel pour valoriser l’Art : la musique, la danse et la peinture.
En 2004, il crée un clip pour la chanson Castorama du groupe électro rock Marvin. Cette œuvre a été sélectionnée par le Festival International des Arts du Clip dans la catégorie Jeunes Talents. Il a renouvelé l’expérience en 2010, en créant des vidéoclips pour son frère.
En 2005, il rejoint l’équipe d’Annabelle Mauger à la Cathédrale d’Image et en 2008, il l’aide à réaliser la toute première exposition immersive sur Van Gogh.

Son désir de découvrir le monde l’emmène ensuite en Australie puis à Tokyo. Ces road trips l’ont amené à rencontrer des artistes, des photographes et des danseurs talentueux. Au Japon, il travaille avec la danseuse et chorégraphe Kanishi Sekagawa sur un projet intitulé Mirror, un « vidéo concept » où le temps et l’image sont inversés.
De retour en France, en 2010, Julien Baron travaille sur les expositions de Cathédrale d’Images, mettant en scène l’œuvre inspirante de Picasso et Léonard de Vinci.

Annabelle Mauger et Julien Baron, un duo unique

En 2016, après 11 ans de collaboration, Annabelle Mauger et Julien Baron créent lililillilil (un nom d’entreprise original en référence aux touches de piano), pour créer et promouvoir des expositions immersives uniques. Ensemble, ils développent et diffusent le concept d’image Totale ©.
Julien Baron est très investi dans le concept d’image Totale ©. Il aime l’idée de laisser l’œuvre d’art sortir de son cadre pour embrasser le public. Les murs disparaissent et le spectateur devient une partie de l’image (ce qui est très différent de son expérience du cinéma).

En 2017, La Grande Halle de La Villette a accueilli la dernière production d’Annabelle Mauger et Julien Baron, Imagine Van Gogh, la suite de leurs premières créations à la Cathédrale d’Images.
En 2019, le duo a créé une nouvelle exposition immersive, Imagine Picasso, qui a ouvert ses portes à Lyon, à La Sucrière.

Ils continuent de travailler ensemble sur de nouvelles créations pour nous émerveiller avec des expositions immersives, invisibles et uniques.
Annabelle Mauger décrit Julien Baron comme son Léonard de Vinci, une manière poétique d’exprimer l’ingéniosité et l’approche unique de cet artiste technique.

Rudy Ricciotti, architecte

Architecte et scénographe

Grand Prix National d’Architecture, médaille d’Or de la Fondation de l’Académie d’Architecture, Rudy Ricciotti est un des plus grands architectes contemporains à qui l’on doit notamment le MUCEM à Marseille et le Département des Arts de l’Islam du Louvre. Imagine Picasso est le 3ème projet pensé en collaboration entre Rudy Ricciotti et Annabelle Mauger. Cette collaboration n’est pas due au hasard. L’architecte combine mieux que quiconque et avec audace la brutalité des formes à la sensualité des matériaux. C’est avec cet esprit qu’il créa déjà en collaboration avec Annabelle Mauger le projet de Cathédrale d’Images Saint-Priest, puis quelques années plus tard, le projet de rénovation de la Chaufferie de l’Antiquaille.

NOTE DE PRÉSENTATION SCÉNOGRAPHIQUE DE L’EXPOSITION « IMAGINE PICASSO »

Le projet de scénographie de l’exposition Imagine Picasso, s’inscrit dans une histoire d’amitié́ fidèle partagée depuis une dizaine d’année avec Annabelle Mauger et Cathédrale d’Images. Je suis architecte, pas scénographe. En toute logique, j’aurais dû décliner cette proposition, mais un parfum d’aventure sur un sentier avant-gardiste, m’a fait oublier toute considération de prudence.
L’exposition Imagine Picasso n’est pas un énième balbutiement commercial autour d’une accumulation choisie d’œuvres de Picasso. Tout cela ne veut plus dire grand-chose : les expositions répétées de l’œuvre du maitre sont devenues un produit marchand, estampillé du sceau des commissaires et des assureurs. Retour sur investissement garanti.
Cette exposition voulue, pensée par Annabelle Mauger et Julien Baron, ne présente aucune pièce originale de Picasso. Outre le fait de démystifier le rapport entre l’œuvre et son prix, il s’agit ici de montrer le travail de Picasso dans la singularité́ d’une chaine totale d’expérimentations successives et non pas de quelques maillons. Telle est la première vertu de cette exposition sur le travail d’un homme ayant réalisé́ plus de 60 000 « expériences » : montrer les enchainements, les articulations, les sauts, les mouvements circulaires de la pensée. Montrer le cheminement plutôt que la cible.
Carrière des Baux-de-Provence, années 70 : Albert Plécy, pionnier de l’image hors du cadre, invente la notion d’image totale et fonde Cathédrale d’Images. Il bricole ses premiers projecteurs, obtient des angles nouveaux, et défriche dans sa caverne les premières expériences d’image monumentale, enveloppante et « sculptée » sur les blocs de roche, dans le ventre des Alpilles. Les images sont projetées sur des hauteurs de 15 à 17 mètres d’un seul tenant. La Cathédrale d’Images s’érige dans le calcaire et sur la terre battue. Puis arrive l’arnaque, l’éviction. La Cathédrale est en exil, Annabelle devient migrante de l’image. J’ai des origines gitanes : nous nous rencontrons, et ça colle bien.
L’exposition Imagine Picasso est itinérante. Certains lieux sont particulièrement contraints en hauteur et la notion d’ampleur verticale (inhérente à la carrière des Baux et aux racines de Cathédrale d’Images) devient caduque. (inhérente à la carrière des Baux et aux racines de Cathédrale d’Images) devient caduque. e premier axe de déploiement de l’image pour Imagine Picasso Lne sera plus vertical : l’oblique est apparue, et je pense à mon ami Claude Parent, disparu. La projection de biais, les supports inclinés, seront l’une des caractéristiques du système scénographique retenu pour conserver l’ampleur des territoires d’images. Une première topographie jaillit. L’image n’est plus projetée sur des murs, ni sur des plans orthogonaux au sens horizontal / vertical : l’image, toujours amplifiée, devient fuyante dans sa perception, dynamique dans son élocution. Imagine Picasso est une simple errance éveillée dans un paysage issu d’un pliage cyclopéen. Les images des œuvres de Picasso se plient, se télescopent et s’entrechoquent. L’œuvre géniale prend son sens dans ce télescopage et ces juxtapositions : Picasso fonctionnait non pas de manière linéaire, mais par aller-retours, par principe imbriqués. Chaque « expérience » qu’il a créée n’existe pas spécialement en tant que telle mais plutôt par rapport à un corpus général et gargantuesque. La scénographie que j’ai proposée s’apparente à un dérèglement organique, palpitant. Picasso était un ogre en premier lieu, dont la production est profondément pulsionnelle, charnelle, irriguée par le sexe et la mort. Le principe même de l’exposition Imagine Picasso est peut-être, d’un point de vue sensoriel, pictural et métaphysique, basé sur la notion d’orgie.

Rudy Ricciotti Grand Prix National d’architecture

Androula Michael, commissaire de l’exposition

Androula Michael est historienne de l’art moderne et contemporain à l’UFR des arts de l’Université de Picardie Jules Verne (UPJV), directrice du centre de recherches en art et esthétique (CRAE) et responsable des relations internationales.

Spécialiste de Picasso, elle a publié de nombreux textes sur l’œuvre de l’artiste, dont Picasso poète (2008) aux éditions de l’École nationale supérieure de Paris.

Elle a également rédigé des articles dans des revues et catalogues d’exposition sur Picasso concernant son écriture poétique, sa création céramique dans son rapport à l’Antiquité, le processus de sa création, les nombres et les mathématiques, son rapport à l’« Orient » et bien d’autres sujets.
Membre de l’Association internationale des critiques d’art (A.I.C.A) et commissaire d’exposition indépendante, elle fait du commissariat d’exposition une expérience de recherche scientifique à part entière en direction d’un public plus large.

Elle a organisé récemment, en commissariat ou co-commissariat, les expositions suivantes : La cuisine de Picasso (2018), Museu Picasso de Barcelone ; Picasso au musée de Chypre : œuvres en céramique (2019), Musée Archéologique de Chypre, Retours à l’Afrique, Bandjoun Station, Cameroun (2019-2020) et Picasso poète au Museu Picasso de Barcelone et au Musée national Picasso, Paris (2019-2020).
Ses recherches actuelles portent, d’une part, sur la réception critique croisée de l’œuvre de Pablo Picasso et de Marcel Duchamp et, d’autre part, sur l’art dans le contexte dé/post/postcolonial dans les arts. Elle est co-responsable académique du programme « Doctorat Picasso », initié par le Museu Picasso de Barcelone en collaboration avec l’Université Autonome de Barcelone. Elle est coordinatrice pour l’Upjv du projet européen Open up et participe à des groupes de recherche tels que MCTM (Mondes Caraïbes et transatlantiques en mouvement), et « Apagamentos da memória na arte » (Les effacements de la mémoire dans l’art) de l’Université fédérale Rio Grande do Sul (Porto Alegre, Brésil).

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